L’EMOTION dans le monde fut considérable. Les journaux criaient en énormes lettres de couleur : « Réveillez-les ! » ou bien : « Laissez-les dormir ! »

Selon les uns ou selon les autres, on avait le devoir impérieux de tenter de les rappeler à la vie, ou on n’avait absolument pas le droit de troubler la paix dans laquelle ils reposaient depuis un temps invraisemblable.

A la demande du délégué de Panama à l’O.N.U., l’Assemblée des Nations Unies fut convoquée, pour en délibérer.

 

De nouvelles combinaisons spatiales étaient arrivées à 612, mais aucune n’était aux dimensions de Hoover. Il s’en commanda une sur mesures. En attendant son arrivée, il assistait, impuissant et furieux, du haut de l’escalier d’or, aux travaux de ses collègues qui se déplaçaient dans l’Œuf avec maladresse, les jambes écartées et les bras raides. L’humidité de la Sphère entrait dans l’Œuf et se condensait aussitôt en un brouillard composé de flocons imperceptibles. Du givre s’était formé sur toute la surface interne du mur, et une couche de neige pulvérulente, mobile comme de la poussière, recouvrait le sol.

Malgré leurs combinaisons, les hommes qui descendaient dans l’Œuf n’y pouvaient séjourner qu’un temps très court, ce qui rendait difficile la poursuite des recherches. On avait pu analyser la matière transparente qui enveloppait les gisants. C’était de l’hélium solide, c’est-à-dire un corps que non seulement les physiciens du froid n’avaient jamais réussi à obtenir, mais dont ils pensaient même que, théoriquement, il ne pouvait pas exister.

Le brouillard glacé qui emplissait l’Œuf dérobait en partie l’homme et la femme nus au regard des équipes qui travaillaient à leurs côtés. Ils semblaient se retrancher derrière cette brume, prendre de nouveau leurs distances, s’éloigner au fond des temps, loin des hommes qui avaient voulu les rejoindre.

Mais le monde ne les oubliait pas.

Les paléontologues hurlaient. Ce qu’on avait trouvé au pôle ne POUVAIT PAS être vrai. Ou alors les laboratoires qui avaient fait les mesures de datation se trompaient.

On avait examiné les boues de fonte des ruines, les débris d’or, la poussière de la Sphère. Par toutes les méthodes connues, on avait déterminé leur ancienneté. Plus de cent labos de tous les continents avaient fait chacun plus de cent mesures, aboutissant à plus de dix mille résultats concordants qui confirmaient les 900 000 ans approximatifs d’ancienneté de la découverte sous-glaciaire.

Cette unanimité n’entamait pas la conviction des paléontologues. Ils criaient à la supercherie, à l’erreur, à la distorsion de la vérité. Pour eux, il n’y avait pas de doute : moins de 900 000 ans, c’était à peu près le début du Pléistocène. A cette époque, tout ce qui pouvait exister en guise d’homme, c’était l’Australopithèque, c’est-à-dire une espèce de primate minable auprès de qui un chimpanzé aurait fait figure de civilisé distingué.

Ces installations et ces individus qu’on avait trouvés sous la glace, ou bien c’était faux, ou bien c’était récent, ou bien ça venait d’ailleurs, ou bien ça avait été placé là par des imposteurs. Ça ne pouvait pas être vrai. C’était IMPOSSIBLE.

Réponses de passants interrogés à la sortie du métro à Saint-Germain-en-Laye :

Le reporter TV. — Vous pensez que c’est vrai ou que c’est pas vrai ?

Un monsieur bien vêtu. — Quoi qui est pas vrai ?

Le reporter TV. — Les trucs sous la glace, là-bas, au pôle...

Le monsieur. — Oh ! vous savez, moi... Faudrait voir !...

Le reporter TV. — Et vous, madame ?

Une très vieille dame émerveillée. — Ils sont si beaux ! Ils sont tellement beaux ! Ils sont sûrement vrais !

Un monsieur maigre, brun, frileux, énervé, s’empare du micro. — Moi, je dis : pourquoi les savants ils veulent toujours que nos ancêtres soient affreux ? Cro-Magnon et compagnie, genre orang-outang ? Les bisons qu’on voit sur les grottes d’Altamira ou de Lascaux, ils étaient plus beaux que la vache normande, non ? Pourquoi pas nous aussi ?

A l’O.N.U., l’Assemblée se désintéressa subitement des deux êtres dont le sort avait motivé sa convocation.

Le délégué du Pakistan venait de monter à la tribune et de faire une déclaration sensationnelle.

Les experts de son pays avaient calculé quelle devait être la quantité d’or constituée par la Sphère, son piédestal et ses installations intérieures. Ils étaient arrivés à un chiffre fantastique. Il y avait là, sous la glace, près de 200 000 tonnes d’or ! C’est-à-dire plus que la somme de l’or contenu dans toutes les réserves nationales, dans toutes les banques privées et dans tous les avoirs individuels et clandestins ! Plus que tout l’or du monde !

Pourquoi avait-on caché cette vérité à l’opinion ? Que préparaient les grandes puissances ? S’étaient-elles mises d’accord pour se partager cette richesse fabuleuse, comme elles se partageaient déjà toutes les autres ? Cette masse d’or, c’était la fin de la misère pour la moitié de l’humanité qui souffrait encore de la faim et manquait de tout. Les nations pauvres, les nations affamées, exigeaient que cet or fût découpé, partagé, et réparti entre elles au prorata du chiffre de leur population.

Les Noirs, les Jaunes, les Verts, les Gris, et quelques Blancs se dressèrent et applaudirent frénétiquement le Pakistanais. Les Nations Pauvres formaient à l’O.N.U. une très large majorité que l’habileté et le droit de veto des grandes puissances tenaient de plus en plus difficilement en échec.

Le délégué des Etats-Unis demanda la parole et l’obtint. C’était un grand homme mince qui portait d’un air las l’hérédité distinguée d’une des plus anciennes familles du Massachusetts.

D’une voix sans passion, un peu voilée, il déclara qu’il comprenait l’émotion de son collègue, que les experts des Etats-Unis venaient d’arriver aux mêmes conclusions que ceux du Pakistan, et qu’il s’apprêtait justement à faire une déclaration à ce sujet.

Mais, ajouta-t-il, d’autres experts, en examinant des échantillons de l’or du pôle, étaient parvenus à une autre conclusion : cet or n’était pas un or naturel, c’était un métal synthétique, fabriqué par un procédé dont on ne pouvait se faire aucune idée. Nos physiciens atomistes savaient aussi fabriquer de l’or artificiel, par transmutation des atomes. Mais difficilement, en petite quantité, et à un prix de revient prohibitif.

Le véritable trésor enfoui sous la glace, ce n’était donc pas telle ou telle quantité d’or fût-elle considérable, mais les connaissances enfermées dans le cerveau de cet homme ou de cette femme, ou peut-être des deux. C’est-à-dire non seulement les secrets de la fabrication de l’or, du zéro absolu, du moteur perpétuel, mais sans doute une quantité d’autres encore beaucoup plus importantes.

— Ce qu’on a trouvé au point 612, poursuivit l’orateur, permet en effet de supposer qu’une civilisation très avancée, se sachant menacée par un cataclysme qui risquait de la détruire entièrement, a mis à l’abri, avec un luxe de précautions qui a peut-être épuisé toutes ses richesses, un homme et une femme susceptibles de faire renaître la vie après le passage du fléau. Il n’est pas logique de penser que ce couple ait été choisi uniquement pour ses qualités physiques. L’un ou l’autre, ou les deux, doit posséder assez de science pour faire renaître une civilisation équivalente à celle dont ils sont issus. C’est cette science que le monde d’aujourd’hui doit songer à partager, avant toute autre chose. Pour cela, il faut ranimer ceux qui la possèdent et leur faire place parmi nous.

— If they are still alive[3], dit le délégué chinois.

Le délégué américain eut un geste léger de la main gauche et une esquisse de sourire, qui, ajoutés l’un à l’autre, signifiaient très poliment, mais avec le plus total mépris :

— Bien entendu...

Il regarda toute l’assemblée d’un air absent et ennuyé, et poursuivit :

— L’Université de Columbia est parfaitement équipée en savants et en appareils pour réaliser cette réanimation. Les Etats-Unis se proposent donc, avec votre accord, d’aller chercher au point 612 l’homme et la femme dans leurs blocs de froid, de les transporter avec toutes les précautions nécessaires et la plus grande célérité, jusqu’aux laboratoires de Columbia, de les tirer de leur long sommeil et de les accueillir au nom de l’humanité tout entière.

Le délégué russe se leva en souriant et dit qu’il ne doutait ni de la bonne volonté américaine ni de la compétence de ses savants. Mais l’U.R.S.S. possédait également, à Akademgorodok, les techniciens, les théoriciens et l’appareillage nécessaires. Elle pouvait, elle aussi, se charger de l’opération de réanimation. Mais il ne s’agissait pas en ce moment capital pour l’avenir de l’humanité de faire de la surenchère scientifique et de se disputer un enjeu qui appartenait à tous les peuples du monde. L’U.R.S.S. proposait donc de partager le couple, elle-même prenant en charge l’un des deux individus, et les Etats-Unis s’occupant de l’autre.

Le délégué pakistanais éclata. Le complot des grandes puissances s’étalait en pleine lumière ! Dès la première minute elles avaient décidé de s’attribuer le trésor de 612, que ce fût un trésor monétaire ou un trésor scientifique. Et, en se partageant les secrets du passé, elles se partageaient la suprématie de l’avenir, comme elles possédaient déjà celle du présent. Les nations qui s’assureraient le monopole des connaissances enfouies sous le point 612 posséderaient une maîtrise du monde totale et inébranlable. Aucun autre pays ne pourrait plus jamais espérer se soustraire à leur hégémonie. Les nations pauvres devaient s’opposer de toutes leurs forces à la réalisation de cet abominable dessein, dussent les deux êtres venus du passé rester pour toujours dans leur carapace d’hélium !

Le délégué français, qui était allé téléphoner à son gouvernement, demanda à son tour la parole. Il fit paisiblement remarquer que le point 612 se trouvait à l’intérieur de la tranche du continent antarctique qui avait été attribué à la France. C’est-à-dire en territoire français. Et, de ce fait, tout ce qu’on pouvait y découvrir était propriété française...

Ce fut un beau chahut. Délégués des grandes et petites nations se trouvèrent cette fois d’accord pour protester, ricaner, ou simplement faire une moue amusée, selon leur degré de civilisation.

Le Français sourit et fit un geste d’apaisement. Quand le calme fut revenu, il déclara que la France, devant l’intérêt universel de la découverte, renonçait à ses droits nationaux et même à ses droits d’ « inventeur », et déposait tout ce qui avait été trouvé ou pourrait être encore trouvé au point 612 sur l’autel des Nations unies.

Maintenant, c’étaient des applaudissements polis que son geste s’efforçait de faire cesser.

Mais..., mais..., sans partager les craintes du Pakistan, la France pensait qu’il fallait tout faire pour les empêcher d’être justifiées, si peu que ce fût. Il n’y avait pas que Columbia et Akademgorodok qui fussent équipées pour la réanimation. On pouvait trouver des spécialistes éminents en Yougoslavie, en Hollande, aux Indes, sans parler de l’Université arabe, et de la très compétente équipe du docteur Lebeau, de l’hôpital de Vaugirard, à Paris.

La France  n’écartait pas pour autant les équipes russe et américaine. Elle demandait seulement que le choix fût fait par l’Assemblée tout entière, et sanctionné par un vote...

Le délégué américain se rallia aussitôt à cette proposition. Pour laisser aux candidatures compétentes le temps de se manifester, il demandait le renvoi du débat au lendemain. Ce qui fut décidé.

Les tractations secrètes et les marchandages allaient immédiatement commencer.

 

Pour une fois, la TV fonctionnait en sens inverse. Trio, du haut de l’éther, renvoyait vers l’antenne d’EPI 1 des images de l’O.N.U.  Dans la Salle des Conférences, les savants qui n’étaient pas occupés à des tâches plus urgentes avaient suivi les débats en compagnie des journalistes. Quand ce fut terminé, Hoover, d’un geste du pouce, éteignit le grand écran, et regarda ses collègues avec une petite grimace.

— Je crois, dit-il, que nous aussi nous avons à délibérer.

Il pria les journalistes de bien vouloir se retirer, et lança sur les diffuseurs un appel général à tous les savants, techniciens, ouvriers et manœuvres de l’Expédition, pour une réunion immédiate.

 

Le lendemain, au moment où s’ouvrait la séance de l’Assemblée de l’O.N.U., un communiqué en provenance du point 612 fut remis au président. Il était, en même temps, diffusé par tous les moyens d’information internationaux. Son texte était le suivant :

« Les membres de l’Expédition Polaire Internationale ont décidé à l’unanimité ce qui suit :

1. Ils dénient à toute nation, qu’elle soit riche ou pauvre, le droit de revendiquer pour un usage lucratif le moindre fragment de l’or de la Sphère et de ses accessoires.

2. Ils suggèrent, si cela peut être utile à l’humanité, qu’une monnaie internationale soit créée et gagée sur cet or, à condition qu’il reste où il est, considérant qu’il ne sera pas plus utile ni « gelé » sous un kilomètre de glace que dans les caves des Banques nationales.

3. Ils ne reconnaissent pas la compétence de l’O.N.U., organisme politique, en ce qui concerne la décision – d’ordre médical et scientifique – à prendre au sujet du couple en hibernation.

4. Ils ne confieront ce couple à aucune nation en particulier.

5. Ils mettront à la disposition de l’humanité tout entière l’ensemble des informations scientifiques ou de tous ordres qui pourront être recueillies par l’Expédition.

Ils invitent Forster, de Columbia, Moïssov, d’Akademgorodok, Zabrec, de Belgrade, Van Houcke, de La Haye, Haman, de Beyrouth, et Lebeau, de Paris, à les rejoindre d’urgence au point 612, avec tout le matériel nécessaire pour procéder à la réanimation. »

 

Ce fut comme si on avait donné un coup de pied dans la ruche de l’O.N.U. Les vitres du palais de verre tremblaient jusqu’au dernier étage. Le délégué du Pakistan stigmatisa, au nom des enfants qui mouraient de faim, l’orgueil des savants qui voulaient se placer au-dessus de l’humanité et ne faisaient que s’en exclure. Il parla de « dictature des cerveaux », déclara que c’était inadmissible, et demanda des sanctions.

Après un débat passionné, l’Assemblée vota l’envoi immédiat d’une force de Casques bleus au point 612 pour prendre possession, an nom des Nations Unies, de tout ce qui s’y trouvait.

Deux heures plus tard, l’antenne d’EPI 1 demandait et obtenait un couloir international. Tous les postes, privés ou nationaux, interrompirent leurs émissions pour donner les images venues du pôle. Ce fut le visage de Hoover qui apparut. Le visage d’un homme gros prête toujours à sourire, quelle que soit l’émotion qu’il tente d’exprimer. Mais la gravité de son regard était telle qu’elle fit oublier ses joues rosés et rondes et ses cheveux roux peignés avec les doigts. Il dit :

— Nous sommes bouleversés. Bouleversés mais décidés.

Il se tourna vers la droite et vers la gauche et fit un signe. La caméra recula pour permettre à ceux qui s’approchaient de prendre place dans l’image. C’était Léonova, Rochefoux, Shanga, Lao Tchang. Ils vinrent se placer aux côtés de Hoover, lui donnant la caution de leur présence. Et derrière eux la lumière des projecteurs révélait les visages des savants de toutes disciplines et toutes nationalités qui depuis des mois se battaient contre la glace pour lui arracher ses secrets. Hoover reprit :

— Vous voyez, nous sommes tous là. Et tous décidés. Nous ne permettrons jamais aux convoitises particulières, nationales on internationales, de mettre la main sur des biens dont dépend peut-être le bonheur des hommes d’aujourd’hui et de demain. De tous les hommes, et pas seulement de quelques-uns ou de telle ou telle catégorie.

« Nous n’avons pas confiance dans l’O.N.U. Nous n’avons pas confiance dans les Casques bleus. S’ils débarquent à 612, nous laissons tomber la pile atomique dans le Puits, et nous la faisons sauter...

Il resta un moment immobile, silencieux, pour laisser le temps à ses auditeurs de digérer l’énormité de la décision prise. Puis il s’effaça et donna la parole à Léonova.

Son menton tremblait. Elle ouvrit la bouche et ne put parler. La grosse main de Hoover se posa sur son épaule. Léonova ferma les yeux, respira à fond, retrouva un peu de calme.

— Nous voulons travailler ici pour tous les hommes, dit-elle. Il est facile de nous en empêcher. Nous ne disposons pas d’une vis ou d’une miette de pain qui ne nous soit envoyée par telle ou telle nation. Il suffit de nous couper les vivres. Ou simplement d’y mettre de la mauvaise volonté. Notre réussite, jusqu’à maintenant, a été le résultat d’un effort concerté et désintéressé des nations. Il faut que cet effort continue avec la même intensité. Vous pouvez l’obtenir, vous qui nous écoutez. Ce n’est pas aux gouvernements, aux politiciens que je m’adresse. C’est aux hommes, aux femmes, aux peuples, à tous les peuples. Ecrivez à vos gouvernants, aux chefs d’Etat, aux ministres, aux soviets. Ecrivez immédiatement, écrivez tous ! Vous pouvez encore tout sauver !

Elle transpirait. La caméra la cadra de plus près. On voyait la sueur perler sur son visage.

Une main entra dans l’image, lui tendant un mouchoir de papier couleur bouton d’or. Elle le prit et se tamponna le front et les ailes du nez. Elle poursuivit :

— Si nous devons renoncer, nous n’abandonnerons pas, à nous ne savons qui, des possibilités de connaissances qui, mal employées, pourraient accabler le monde sous un malheur irréparable. Si on nous oblige à partir, nous ne laisserons rien derrière nous.

Elle se détourna en portant le mouchoir à ses yeux. Elle pleurait.

Presque partout où la télévision était un monopôle d’Etat, la transmission de l’appel des savants avait été coupée avant la fin. Mais pendant douze heures, l’antenne d’EPI 1 continua de bombarder Trio avec les images enregistrées de Hoover et de Léonova. Et Trio, objet scientifique parfaitement dénué d’opinion, les retransmit pendant douze heures à ses jumeaux et ses cousins qui ceinturaient le globe. A peu près les deux tiers d’entre eux émettaient avec assez de puissance pour être captés directement par les récepteurs particuliers. Chaque fois que les images recommençaient, la Traductrice traduisait les paroles en une langue différente. Et à la fin apparaissaient les deux êtres du passé, dans leur beauté et leur attente immobile, tels que les écrans les avaient montrés la première fois.

L’émission se superposait aux programmes prévus, brouillait tout et finissait par passer par bribes, et par être comprise par ceux qui voulaient la comprendre.

Dans la demi-journée qui suivit, tous les services de postes furent brutalement embouteillés. Dans les moindres villages d’Auvergne ou du Béloutchistan, les boîtes aux lettres débordaient. Dès les premiers centres de rassemblement des sacs postaux, les salles de réception étaient pleines jusqu’au plafond. A l’échelon au-dessus, c’était la submersion totale. Les pouvoirs publics et les compagnies privées renoncèrent à transporter ce courrier plus loin. Il n’était pas nécessaire de le lire. Son abondance était sa signification. Pour la première fois, les peuples manifestaient, par-dessus leurs langues, leurs frontières, leurs différences et leurs divisions, une volonté commune. Aucun gouvernement ne pouvait aller contre un sentiment d’une telle ampleur. Des instructions nouvelles furent données aux délégués de l’O.N.U.

Une motion fut votée dans l’enthousiasme et à l’unanimité, annulant l’envoi des Casques bleus et exprimant la confiance des nations dans les savants de l’EPI pour mener à bien..., etc., pour le plus grand bien..., etc., fraternité des peuples... etc., du présent et du passé, point final.

 

La nuit des temps
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